
Q : Qu’est-ce qui a motivé EDF à basculer une partie de ses virements au format SEPA dès juin 2008 ?
En tant que président de la Commission SEPA de l’AFTE, nous devions donner l’exemple. Plus concrètement, la décision de basculer l’ensemble des virements fournisseurs et tiers au format SEPA a été prise du fait d’un contexte favorable : d’une part, nous disposions déjà d’une centrale de paiement, point de passage unique de la totalité de ces règlements, et d’autre part, SEPA nous apportait la perspective de gains sur les virements transfrontaliers en euros (qui constituent une part importante de nos transferts internationaux), en venant compléter les dispositions du règlement européen 2560/2001, et en permettant de mutualiser les aménagements à faire avec les virements nationaux.
Par ailleurs, cette bascule nous permet également d’envisager l’extension des paiements « pour compte de » à nos filiales européennes en utilisant les mêmes formats et les mêmes circuits que pour la France.
Q : Quels travaux préparatoires ont été nécessaires à cette migration ?
Il a été nécessaire de faire évoluer notre centrale de paiement sur deux points : -
- en entrée : la transformation des coordonnées bancaires des bénéficiaires, fournies par l’application à l’origine de l’ordre de paiement, en BIC + IBAN, à partir de la table "BICPlusIBAN Directory" de SWIFT ;
- en sortie : l’utilisation du format XML prévu pour le virement SEPA.
Une phase de test avec les banques choisies pour ce démarrage a évidemment été nécessaire pour vérifier le bon fonctionnement de bout en bout, dans le sens client – banque comme dans le sens banque – client.
Q : Quelles sont selon vous les conditions de réussite de la migration à SEPA ?
Cela dépend du moyen de paiement concerné. Pour le virement SEPA, la migration ne nécessite pas de modification lourde d’organisation, puisque les adaptations à faire ne remettent pas en cause les process. En revanche, les impacts organisationnels du prélèvement SEPA sont plus lourds, la gestion des mandats étant transférée aux créanciers.
Pour réussir la migration à SEPA, il est donc nécessaire de mobiliser le plus tôt possible l’ensemble des acteurs concernés et d’anticiper suffisamment les adaptations du système d’information liées à la suppression à terme des moyens de paiement nationaux.
Autant dire qu’il faut se préparer dès aujourd’hui au prélèvement SEPA pour être certain de tenir les délais. Ce qui suppose de clarifier un certain nombre de points, tels que les fonctionnalités du « e-mandate », les impacts de la transposition de la Directive sur les services de paiement, le modèle économique. Les entreprises attendent en effet une diminution significative des conditions tarifaires. Elles auront en tout état de cause beaucoup de mal à accepter le projet sans connaître le retour sur investissement, surtout dans le contexte économique actuel.
